Cerbères

 

Cerbères 2003-2004

« Cerberus » is a photographic series that brings together two separate photographs of the same size in the same image, showing a person in a particular context alongside a ‘landscape’. The photograph captures people on the threshold of their known world and sets them against an unknown territory, depossessing them from any specific place. The place in the image appears like a meeting between two temporalities, a metaphor for one and the same interior world. Although they watch over their territory, these Keepers are not its master. The confidence this title gives them is only surface deep. The photograph brings out the tension in their position. Beyond the frontier, the mystery remains and on the horizon the landscapes open out onto, there is probably not an answer. What remains is the omen of emptiness at the heart of each of us. The Keepers face us, daring us to look at this intimate landscape revealing itself at their side. In doing so, they hand over a fragment of their weakness when faced with this human perspective.

Cerbères est une série photographique réunissant en une seule et même image deux clichés distincts de même dimension. Chaque image associe un personnage en situation à un ‘paysage’.

La photographie saisit les personnages au seuil de leur monde connu en les confrontant à un territoire étranger qui les dépossède de tout lieu propre. Le lieu défini par l’image photographique apparaît comme la rencontre de deux temporalités, métaphore d’un seul et même monde intérieur.

S’ils sont les gardiens d’un territoire qui leur appartient, ces Cerbères n’en sont pas les maîtres. L’assurance que leur confère ce titre n’est qu’apparente, la photographie rendant avant tout sensible la tension liée à leur position. Au-delà de la frontière, l’énigme s’impose et à l’horizon de ces paysages sur lesquels l’image s’ouvre, il n’y a sans doute pas de réponse. Subsiste le présage du vide qu’il y a au bout de chaque être.

Les Cerbères nous font face, comme pour nous défier de regarder ce paysage trop intime qui se révèle à leur côté. Ce faisant, ils nous lèguent un fragment de leur fragilité face à cette perspective humaine.