Mignardises

Amuses Bouches 2011-on going

Throughout the world’s art history, mostly produced by men, women have incarnated The beautiful object of desire. It is widely accepted that they are seen as tempting creatures whose own expression of desire is not to be voiced. The recent Berlusconi or DSK affair proves how much this one-way vision, allowed by both men and women to prevail, remains deep-rooted in most societies. Viewed in this context, Amuses Bouches is a woman’s response to the statement above. It doesn’t pretend to be the settling of scores in any way. It only aims to express the fact that, in case men don’t know, women too, find men very appetizing and often plot a way of having them for dinner…

‘The sky is high, the earth low; only table and bed are at the right height’.

 The French proverb chosen as an introduction to Amuses Bouches suggests that this is a question of more than just societal debate on long–life prejudices. It points out the trivial nature of our human condition, stuck halfway between our spiritual aspirations and our animal needs; but it also implies that we should embrace it fully, with lucidity and joy. This celebration of mortal life naturally is evident in bed or at the table. Both are a sharing and permissive place where epicurean excesses are allowed. As for cooking itself, it is the eroticism of food; it is all about ritual and seduction. From preparation to presentation, everything in the action of cooking is a metaphor for sensuality: the care that we take, the time we dedicate, the dexterity, the suaveness, the thoughtfulness or hardiness…

This series wittily associates photographs and texts to show the strong and collusive bond that exists between food and flesh, and combines them into cooking recipes in a poetic and humorous way to echo the proverb.

 Mignardises  2011- en cours

Le système patriarcal qui domine très largement l’histoire des civilisations, identifie inlassablement la femme comme objet de désir. L’histoire témoigne tout aussi infatigablement des moyens déployés par ce système pour empêcher la sulfureuse créature d’exprimer le sien.  Les affaires de mœurs qui parsèment l’actualité montrent à l’évidence que cette vision à sens unique est enracinée dans les cultures du monde entier, y compris celles qui se veulent progressistes, et à quel point elle prévaut dans l’esprit de nos contemporains, hommes comme femmes. La série Mignardises réagit avec malice à cet état de fait. Elle utilise la parabole de la cuisine – hautement symbolique de la place affectée aux femmes – pour montrer les hommes tels qu’envisagés à leur tour comme objets de désir par leurs consœurs : d’appétissantes chairs tentatrices qui leur inspirent de réjouissants festins.

« Le ciel est haut, la terre est basse ; il n’y a que la table et le lit qui soient à la bonne hauteur. »

Si Mignardises est un clin d’œil au sempiternel débat qui ressasse ces problématiques vieilles comme le monde, le proverbe français volontairement placé en introduction de la série fait apparaitre une dimension supplémentaire. Il admet la nature triviale de notre condition humaine, inexorablement située à mi-chemin entre les Dieux et les bêtes, et nous invite à l’accepter joyeusement et à en profiter pleinement. Cette apologie de la vie mortelle trouve naturellement son expression à table et au lit. La table, tout comme le lit, sont les espaces de partage, les lieux permissifs de toutes les ripailles, de tous les enivrements, de tous les excès. Parce qu’ils régissent notre corps et nos sens, appétit et désir sont indissociables. Cuisiner, c’est érotiser l’alimentation : de la préparation jusqu’à la présentation, l’acte de cuisiner est un rituel qui vise une célébration maximale des sens.

Les recettes qui composent Mignardises jouent avec bonheur de ce lien inaltérable et complice qui existe entre la chère et la chair et sont autant de petits hommages à ce proverbe.