Dead birds on floorboards

 

DEAD BIRDS ON FLOORBOARDS 2010-2011

« I fell heavily. Something in me chose to let it happen. I let the floor shrink away and I immediately confronted this thing again: whatever turns its back on me is lost, inaccessible. And yet, it is a ghost that haunts me. » ML

« Unlike its title, this series does not suggest finiteness. These « women-birds » could have fallen, collapsed, drifted off or been forgotten. Personally, I don’t want to see death in them, but abandon. Abandon, handing over to the power of others, an image that I feel I know of myself, but don’t : my back and nape. The irregular shadows of our shoulder blades, the little bumps of our back bones, the invisible and indivisible continuity of each of us (is there immodesty or not in this abandon that is unaware of what it is showing?)… These photos speak to me of an absent look, or one kept inside (the back, this intimacy that is kept from us) and they speak to me as much about what is elusive, of secret energy which is only visible when we have given up. Absence whispers the mystery of what is to come. These photographs call us to project ourselves into this absence. The barely visible shadow on the edge of the shoulder blade, which is particular to each of us, is the clue to follow : it shows us where THAT is hidden ». Georges Audabram

« J’ai chuté brutalement. Quelque chose en moi a accepté de succomber. J’ai laissé le sol se dérober et j’ai immédiatement refait face à la chose : ce qui me tourne le dos est perdu, inaccessible. Pourtant, c’est un fantôme qui me hante. » ML

« Contrairement à leur titre, les images de cette série photographique ne suggèrent pas la finitude. Ces femmes-oiselles pourrait être tombées, effondrées, oubliées, assoupies. Personnellement, je ne veux pas y voir la mort mais l’abandon. L’abandon c’est laisser au pouvoir de l’autre une image dont je crois savoir qu’elle me fait, mais que je ne connais pas de moi-même : le dos, la nuque. Les ombres irrégulières de nos omoplates, les petites saillies de nos vertèbres, la continuité indivisible et invisible à chacun (Il y a-t-il ou non de l’impudeur dans cet abandon qui ne sait pas ce qu’il montre ?). C’est le renversement de la nuque qui révèle la force et la fragilité du délaissement, son invisible énergie. La nuque dégagée du poids de la tête, allongée, effilée, aérienne dans le prolongement de la puissance du dos. La tête n’est plus à tenir pour « faire face », la nuque libérée de soutenir le regard, les cheveux ont inversé leur pesanteur, la lumière de la peau concentre alors toute l’intériorité et filtre toute la sensualité de l’abandon. Si la naissance du geste perce dans le dos, elle s’abrite parfois sous cette secrète omoplate (avec devant la clavicule, littéralement : petite clef) pour délier nos bras, nos mains, nos désirs. Ces photographies me parlent d’un regard absent ou gardé en dedans (le dos, cette intimité cachée à nous-mêmes) et elles me parlent tout autant de l’insaisissable, de l’énergie secrète qui ne se manifeste que lorsqu’on a renoncé. C’est l’absence qui susurre le mystère du devenir. Ces photographies nous appellent à nous projeter dans cette absence. L’ombre à peine prononcée sur le bord de l’omoplate, à chaque fois si singulière, est l’indice à suivre : elle montre là où ÇA se cache. » Georges Audabram